Chaque année depuis 12 ans, mon mari part une semaine en vacances avec sa famille

Publié le 24 juillet 2025

Chaque été, c’était la même chose. Mon mari, Julien, faisait sa valise pour partir une semaine en vacances… sans moi ni les enfants. Et chaque année, il me disait que c’était « la tradition familiale ». Sa mère ne voulait pas de belles-filles ni de petits-enfants pendant ces escapades. Juste « la famille proche ».

Je serais les dents. Je m’occupais des enfants, de la maison, et je faisais semblant de comprendre. Mais au fond, je vivais ça comme une exclusion. Et puis cette année, quelque chose en moi a lâché.

L’appel qui a tout changé

À une semaine du départ de Julien, j’ai pris une décision impulsive : j’ai appelé ma belle-mère.

D’une voix tremblante, je lui ai demandé pourquoi elle ne voulait jamais de nous en vacances. Sa réponse m’a glacée.

— « Mais de quoi tu parles, ma chérie ? » m’a-t-elle dit, sincèrement surprise. « Ces voyages, on les a arrêtés quand Julien s’est marié. On ne part plus tous ensemble depuis plus de dix ans. »

J’ai senti mon estomac se nouer. Si Julien ne partait pas avec sa famille… alors où allait-il vraiment ?

Le masque tombe

Young depressed man sitting on the floor. Depression, sadness, hardship, mental health issues concepts.

Le soir même, je l’ai confronté. Calme, mais déterminée.

— « J’ai parlé à ta mère aujourd’hui », ai-je lancé. Il s’est figé. Son regard fuyait le mien.

Et puis, après un long silence, il a avoué : depuis douze ans, il ne partait pas avec sa famille… mais seul. Dans une petite maison isolée, en pleine nature. Pour « souffler ». Pour fuir.

Il n’y avait pas de double vie. Pas de maîtresse. Juste un homme épuisé qui n’avait jamais trouvé le courage de parler de ce qu’il ressentait.

Un mariage en équilibre fragile

Julien m’a dit qu’il se sentait dépassé, invisible, piégé dans un quotidien qu’il ne maîtrisait plus. Que ces semaines de solitude lui offraient un répit. Un moment pour respirer.

J’étais sous le choc. Pas à cause du mensonge, mais à cause de ce que cela révélait : pendant des années, nous avions cessé de nous parler vraiment.

Il avait fui pour préserver une paix apparente. Moi, j’avais encaissé en silence, persuadée que c’était « normal » de tout supporter.

Reconstruire sur des bases honnêtes

Nous avons parlé. Longuement. Douloureusement. Il a accepté d’aller voir un thérapeute. J’ai, de mon côté, accepté de poser mes émotions, de ne plus minimiser ce que je ressentais.

Petit à petit, on a retissé le lien. Pas avec de grandes déclarations, mais avec des gestes simples : du temps ensemble, des repas sans écrans, des discussions sincères. On a planifié notre toute première vraie escapade familiale : un simple week-end au bord de la mer, tous les quatre. Et c’était exactement ce qu’il nous fallait.

Ce que j’ai compris

Parfois, les silences dans un couple ne sont pas faits de secrets… mais de peur. Peur de décevoir, de faire du mal, ou simplement de ne pas être compris.

Julien n’était pas un homme mauvais. C’était un homme perdu. Et moi aussi, à ma manière, je l’étais.

Aujourd’hui, je ne prétends pas que tout est parfait. Mais on avance ensemble, dans la même direction. Avec honnêteté. Avec écoute. Et avec l’envie, surtout, de ne plus jamais fuir.

Parce qu’un couple, ce n’est pas deux personnes parfaites… c’est deux êtres imparfaits qui choisissent de se parler. Et de rester.