Le mystère de la position assise en tailleur : pourquoi les femmes s’assoient ainsi et quels sont les effets sur leur corps.

Publié le 21 janvier 2026

Un instant. Si vous êtes assise en ce moment, il y a de grandes chances que vos jambes soient croisées, ou que vos chevilles se touchent soigneusement. Vous ne l’avez sans doute pas décidé consciemment. Ce geste est automatique, presque instinctif. Pourtant, derrière cette posture en apparence anodine se cache une histoire étonnante, mêlant traditions anciennes, habitudes profondément ancrées et signaux que notre corps tente parfois de nous envoyer.

Une posture héritée de l’histoire… plus que du confort

Pendant des siècles, la façon dont une femme s’asseyait n’était pas qu’une question de confort, mais un véritable code social. À l’époque où les pantalons féminins n’existaient pas, les robes longues imposaient une certaine retenue. Croiser les jambes ou rapprocher les chevilles permettait de préserver sa pudeur tout en restant « bien élevée » aux yeux de la société.

Cette posture traduisait aussi une manière d’occuper l’espace. Là où l’on valorisait chez les hommes une présence large et affirmée, les femmes apprenaient, souvent inconsciemment, à se faire discrètes. Même aujourd’hui, en jean ou en tailleur, ce réflexe persiste, comme un écho silencieux de règles vieilles de plus de deux siècles.

Pourquoi cela semble si naturel pour beaucoup de femmes

Au-delà de l’éducation et des normes sociales, il y a aussi une question de sensations. Pour certaines femmes, croiser les jambes donne une impression de stabilité, notamment au niveau du bassin. Cette position peut, sur le moment, sembler rassurante et confortable, surtout lorsqu’on reste assise longtemps.

Il existe aussi une dimension émotionnelle. Replier les membres est souvent associé à une forme de protection. Sans même y penser, le corps adopte une posture qui procure un sentiment de sécurité, particulièrement dans des environnements formels ou stressants.

Ce que le corps peut ressentir à long terme

Si cette position semble agréable sur le moment, la maintenir pendant des heures n’est pas toujours idéale. Croiser les jambes de façon prolongée peut créer des déséquilibres subtils dans la posture. Une hanche se retrouve légèrement plus haute que l’autre, ce qui peut entraîner des tensions dans le bas du dos ou une sensation d’inconfort d’un seul côté du corps.

Certaines femmes remarquent aussi des picotements ou un engourdissement après un long moment assis, signe que le corps aimerait changer de position. Ce ne sont pas des signaux alarmants, mais plutôt des invitations à bouger, s’étirer ou simplement varier les postures.

La posture “reine” : simple et efficace

Nos grands-mères avaient parfois des formules pleines de bon sens. « Pose bien tes pieds par terre » n’était pas qu’une remarque de politesse. Être assise avec les deux pieds à plat, écartés à la largeur des hanches, permet une meilleure répartition du poids et favorise une posture plus équilibrée.

Cette position aide aussi à rester plus stable, à engager légèrement les muscles du centre du corps et à se sentir ancrée. Aujourd’hui, on parlerait simplement d’ergonomie, mais l’idée reste la même : respecter la façon dont le corps est naturellement conçu.

Comment changer sans se brusquer

Si vous croisez les jambes depuis toujours, inutile de vous forcer à arrêter du jour au lendemain. Le plus important est d’alterner. Vous pouvez, par exemple, croiser les chevilles plutôt que les genoux, ce qui réduit les tensions tout en conservant une posture élégante.

Pensez aussi à écouter votre corps. Si vous ressentez le besoin de bouger, levez-vous quelques minutes, étirez-vous, changez de position. Parfois, croiser les jambes est simplement le signe que la chaise est trop haute. Un petit repose-pieds peut alors faire toute la différence.

Et si on se réappropriait notre façon de s’asseoir ?

Croiser les jambes n’est ni une faute ni une obligation. C’est une habitude, façonnée par l’histoire, la culture et nos sensations personnelles. Mais aujourd’hui, nous avons la liberté de choisir ce qui nous fait vraiment du bien.

Dans un quotidien où l’on passe tant de temps assise, peut-être que le geste le plus simple — poser les deux pieds au sol et respirer profondément — est aussi un petit acte de bien-être au quotidien et de posture assise féminine respectueuse de soi.