Cette habitude quotidienne de se curer le nez provoque la démence

On le fait parfois sans y penser. Un geste machinal, rapide, presque anodin. Pourtant, une étude scientifique a récemment fait grand bruit en suggérant qu’une habitude aussi banale que se curer le nez pourrait avoir des conséquences insoupçonnées sur la santé du cerveau. Faut-il vraiment s’inquiéter ? On fait le point, sans panique mais avec lucidité.
Une étude intrigante sur le lien entre nez et cerveau
Des chercheurs de la Griffith University ont exploré le rôle d’une bactérie appelée Chlamydia pneumoniae dans le développement de troubles neurodégénératifs, notamment la maladie d’Alzheimer.
Leur hypothèse ? Cette bactérie, connue pour provoquer des infections respiratoires, pourrait emprunter le nerf olfactif – celui qui relie le nez au cerveau – pour pénétrer dans le système nerveux central.
Chez des modèles animaux, les chercheurs ont observé que lorsque la muqueuse nasale était fragilisée, la bactérie pouvait plus facilement migrer vers le cerveau et y déclencher des réactions associées à des marqueurs caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, comme l’accumulation de bêta-amyloïde.
Pourquoi la muqueuse nasale est-elle si importante ?

Le nez n’est pas qu’un simple organe respiratoire. Il joue un rôle clé dans notre protection.
La muqueuse nasale agit comme une barrière naturelle contre les microbes. Or, des gestes répétés ou agressifs peuvent l’irriter, voire l’endommager. Si cette barrière est altérée, certains agents pathogènes pourraient théoriquement accéder plus facilement au nerf olfactif.
Particularité importante : ce nerf constitue un “raccourci” vers le cerveau, contournant en partie les mécanismes de protection habituels.
Faut-il pour autant conclure que se curer le nez « provoque » la démence ? Non. Les choses sont bien plus nuancées.
Prudence : des résultats encore préliminaires
L’étude a été menée sur des modèles animaux. Les chercheurs eux-mêmes précisent que des travaux supplémentaires chez l’humain sont indispensables pour confirmer ces mécanismes.
Autrement dit, il ne s’agit pas d’un lien direct prouvé chez l’homme, mais d’une piste scientifique intéressante.
Les maladies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer, sont complexes et multifactorielles. Elles résultent d’une combinaison de facteurs génétiques, environnementaux et liés au mode de vie.
Réduire le risque à un seul geste serait simpliste.
Les bons réflexes pour préserver sa santé nasale

Sans céder à l’inquiétude, cette étude rappelle l’importance de prendre soin de son nez.
Voici quelques conseils simples :
- Éviter les gestes répétitifs ou agressifs au niveau des narines
- Maintenir une bonne hydratation afin de préserver la souplesse des muqueuses
- Aérer régulièrement son logement
- En cas d’inconfort persistant, demander conseil à un professionnel de santé
Ces mesures relèvent du bon sens et contribuent au confort respiratoire au quotidien ainsi qu’à une meilleure hygiène nasale.
Une vision plus globale de la santé du cerveau

Au-delà de cette habitude précise, la prévention des troubles cognitifs repose sur des piliers bien établis :
- Activité physique régulière
- Stimulation intellectuelle
- Alimentation équilibrée
- Vie sociale active
- Sommeil de qualité
Notre cerveau, comme un muscle, nécessite une attention régulière pour préserver la santé du cerveau sur le long terme.
Faut-il changer ses habitudes ?
Cette étude ne doit pas être source d’angoisse, mais d’information. Elle ouvre une nouvelle piste de recherche sur les interactions entre infections respiratoires et santé cérébrale.
Plutôt que de culpabiliser à propos d’un geste ponctuel, mieux vaut adopter une approche globale : écouter son corps, prendre soin de son hygiène et rester attentif aux recommandations scientifiques.
La science progresse pas à pas. Chaque découverte, même surprenante, est avant tout une invitation à mieux comprendre notre organisme.
En matière de santé, la clé reste l’équilibre, la mesure… et un peu de bon sens au quotidien.








