Cancer colorectal : le réflexe aux toilettes que le Dr Kierzek juge « crucial » et que beaucoup négligent

Publié le 20 octobre 2026
Cancer colorectal : le réflexe aux toilettes que le Dr Kierzek juge "crucial" et que beaucoup négligent

Et si quelques secondes aux toilettes pouvaient, un jour, faire toute la différence ? C'est le message que le Dr Gérald Kierzek, directeur médical de Doctissimo, répète inlassablement. Un geste simple, presque banal, que la plupart d'entre nous esquivons par habitude ou par gêne. Pourtant, il pourrait permettre de repérer très tôt des signaux d'alerte du cancer colorectal, l'un des plus fréquents en France avec plus de 47 500 nouveaux cas chaque année.

Pourquoi regarder dans la cuvette peut tout changer

On l’avoue, ce n’est pas le sujet le plus glamour. Et pourtant ! Le Dr Kierzek est formel : * »Observer ses selles aux toilettes est un réflexe simple mais crucial. »* Des selles considérées comme normales sont brunes, bien formées, sans trace visible de sang ni de mucus. Selon l’échelle de Bristol — une classification médicale très sérieuse —, les types 3 et 4 sont idéaux : souples, moulées, faciles à évacuer.

Dépistage du cancer colorectal

Certains changements, en revanche, méritent vraiment qu’on y prête attention. Une couleur rouge peut signaler la présence de sang frais, parfois liée à des hémorroïdes, parfois à quelque chose de plus sérieux. Des selles noires et goudronneuses peuvent indiquer un saignement plus haut dans le tube digestif. Quant aux selles très pâles, blanches ou grisâtres, elles peuvent révéler un problème biliaire.

Des changements de transit à ne surtout pas banaliser

La couleur, c’est un indice. Mais la forme et la fréquence comptent tout autant. * »Une diarrhée persistante, une constipation inhabituelle ou une alternance entre les deux doivent alerter lorsqu’elles durent plusieurs semaines »*, prévient le spécialiste.

Des selles très fines, dites « en crayon », peuvent par exemple traduire un rétrécissement du côlon lié à un polype. La présence de mucus ou un aspect gras sont également des signaux à signaler à son médecin. Et surtout : même une seule trace de sang, même ponctuelle, justifie une consultation. * »Environ 10 % des cancers colorectaux se révèlent justement par ce signe »*, rappelle le médecin.

D’autres signaux du corps à écouter absolument

Le cancer colorectal est sournois : il provoque rarement des douleurs au début. C’est justement ce qui le rend difficile à détecter sans y prêter attention. Parmi les signes qui doivent pousser à consulter rapidement : des douleurs abdominales inhabituelles, des ballonnements persistants, une sensation d’évacuation incomplète, une fatigue chronique ou une perte de poids inexpliquée.

* »La fatigue peut parfois être liée à une anémie provoquée par des saignements digestifs invisibles »*, précise le Dr Kierzek. Autrement dit, même sans signe visible, le corps peut envoyer des signaux discrets qu’il ne faut pas ignorer.

Quand consulter et comment se faire dépister

Si un changement de transit persiste plus de trois semaines — surtout après 50 ans ou en cas d’antécédents familiaux — il est temps de prendre rendez-vous. Le médecin peut prescrire un test immunologique simple, réalisable à domicile, capable de détecter du sang invisible. En France, ce dépistage est proposé gratuitement à toutes les personnes entre 50 et 74 ans.

Côté prévention au quotidien, on mise sur les fibres, les fruits, les légumes et l’activité physique. On limite les viandes rouges en excès. Et surtout, on apprend à écouter son corps.

Parce que prendre soin de soi commence parfois par les gestes les plus simples.