Un couple à qui un embryon d’une autre famille a été implanté à la suite d’une erreur de FIV est autorisé à garder l’enfant et à l’élever comme le sien

Publié le 18 juin 2026

En Floride, une erreur de fécondation in vitro a conduit un couple à recevoir un embryon d’une autre famille, avant qu’un accord de justice ne leur permette d’élever l’enfant né de cette confusion.

Une affaire médicale hors norme a été jugée en Floride après une erreur survenue dans une clinique de fertilité d’Orlando. Un couple, qui suivait un parcours de fécondation in vitro, a découvert que l’embryon implanté ne provenait pas de leurs propres cellules reproductrices, mais de celles d’une autre famille. Malgré cette confusion, la naissance de l’enfant et les décisions de justice qui ont suivi ont profondément bouleversé les deux familles concernées.

Une erreur de fécondation in vitro découverte après la naissance

Tiffany Score et Steven Mills, un couple de Floride, avaient recours à une procréation médicalement assistée et disposaient d’embryons congelés issus de leurs propres gamètes. Mais lors d’un transfert réalisé dans une clinique d’Orlando, une erreur survient : un mauvais embryon est implanté.

En décembre 2025, Tiffany donne naissance à une petite fille prénommée Shea. Rapidement, le couple comprend qu’une erreur a pu se produire, notamment en raison d’éléments physiques qui les interpellent. Des analyses génétiques viendront confirmer la situation : l’enfant n’est pas biologiquement leur fille.

Malgré cette découverte, les parents expliquent s’être immédiatement attachés à la petite fille et affirment ne pas vouloir la voir leur être retirée.

Les parents biologiques identifiés après des tests ADN

Les parents biologiques de l’enfant n’étaient pas connus au départ et étaient désignés dans les documents judiciaires comme « Patient 004 ». Ils ont été retrouvés en avril grâce à des tests ADN réalisés sur les embryons créés dans la même période à la clinique.

Selon les informations rapportées, les familles ont ensuite été mises en relation. Le couple ayant porté l’enfant affirme leur avoir expliqué qu’ils souhaitaient continuer à élever Shea malgré l’erreur initiale.

Cette situation place les deux familles dans une configuration juridique et émotionnelle particulièrement délicate, entre filiation biologique et attachement affectif déjà établi.

Un accord validé par la justice en Floride

L’affaire a été examinée par un tribunal du comté de Seminole. Lors d’une audience, la juge Margaret Schreiber a validé un « accord de garde mutuelle » permettant à Tiffany Score et Steven Mills de continuer à être les parents gardiens permanents de l’enfant.

La magistrate a indiqué être satisfaite que les parties soient parvenues à un accord alors que l’enfant est encore très jeune, selon les éléments rapportés lors de l’audience.

Concrètement, cette décision autorise donc le couple à élever la petite fille au quotidien, malgré l’erreur initiale de la clinique de fertilité.

Une procédure engagée contre la clinique de fertilité

Parallèlement à cette décision, le couple a engagé une action en justice pour négligence contre le centre de fertilité d’Orlando et le médecin impliqué dans la procédure. La clinique a reconnu par la suite avoir implanté le mauvais embryon, évoquant une erreur lors de la manipulation et de l’identification des échantillons.

Les avocats des parents soulignent également que certaines questions restent en suspens, notamment concernant d’autres embryons conservés et le suivi des procédures internes de la clinique.

Dans leurs déclarations, Tiffany Score et Steven Mills expliquent avoir recherché les parents biologiques par « obligation morale », tout en affirmant leur attachement profond à l’enfant et leur volonté de continuer à l’élever.

Selon les informations rapportées, le médecin impliqué dans l’affaire a par ailleurs été condamné à une amende de 5 000 dollars (soit environ 4 575 euros). Le Daily Mail avait précédemment contacté les avocats de McNichol, de la clinique de fertilité d’Orlando et du patient 004 afin de recueillir leurs commentaires à la suite du dépôt de la plainte du couple.

Entre liens biologiques et attachement parental

Depuis la naissance de Shea, le couple insiste sur le lien émotionnel extrêmement fort créé avec l’enfant. Ils affirment qu’ils continueront à l’aimer et à la considérer comme leur fille, indépendamment de la confusion survenue lors de la procédure médicale.

Cette affaire, désormais encadrée par la justice, illustre les conséquences exceptionnelles qu’une erreur de laboratoire peut provoquer dans les parcours de procréation médicalement assistée, où les dimensions médicales, juridiques et humaines se trouvent étroitement entremêlées.