Laurent Baffie évoque les derniers instants de Thierry Ardisson : « Les deux derniers jours ont été éprouvants »

Publié le 21 juillet 2025
Laurent Baffie évoque les derniers instants de Thierry Ardisson : "Les deux derniers jours ont été éprouvants"

Un mur qui s’effondre. Voilà comment Laurent Baffie décrit la perte brutale de Thierry Ardisson, son « grand frère » de toujours. Comment ce compagnon de scène et de vie a-t-il traversé ses derniers jours ? Quels mots, quels gestes ont rythmé cette fin si précieuse ? Embarquez dans un récit intime, qui raconte l’émotion, la douceur et la force d’une amitié mise à l’épreuve.

Pourquoi ces derniers instants l’ont-ils autant marqué ?

Beaucoup d’entre nous ont déjà vécu un moment douloureux, paralysant, où l’on sent que tout bascule. Pour Laurent Baffie, cet événement s’est joué dans la lumière des derniers jours :

Jeudi, il était présent chaque jour à l’hôpital. Ils ont parlé, ri, échangé avec tendresse sur ce projet à venir : la maison dans le Sud de la FranceUn espoir discret y flottait encore.

Samedi, la scène devient presque sacrée : Ardisson serrant la main de sa femme Audrey Crespo-Mara, entouré de ses enfants Manon, Ninon et Gaston. Un choix musical simple et profond : « Let it Be » des Beatlesmoment suspendu de communion familiale.

Dimanche, Baffie n’était pas là, mais offre des cerises pour adoucir la chaleur. Un geste attentionné, une boîte de fruits rouges pour réchauffer les cœurs.

Cette dynamique, si fragile, est empreinte de tendresse, de pudeur. Malgré la gravité, aucun mot brutal, juste l’amour silencieux incarné dans des gestes humbles.

Une fin dignement assumée, entourée et bienveillante

Thierry Ardisson, 76 ans, emporté par un cancer du foie, a vécu ses derniers jours sans souffrance excessive et sans traitements médicaux lourds et invasifs. Un choix courageux. Laurent Baffie souligne :

« Il a été courageux mais il ne souffrait pas. Il ne voulait pas d’acharnement thérapeutique. Il n’y a pas assez de mots dans la langue française pour parler d’Audrey. »

La présence d’Audrey, constante, et la complicité des enfants ont dessiné un tableau de famille unie, digne, apaisée. Un accompagnement profond, humain, où la douleur s’efface derrière la lumière de leur présence partagée.
Baffie conclut avec émotion :

« Il a réussi sa mort. »

Un constat empreint de paix : partir dans l’amour, entouré, librement.

Une rencontre marquante qui change une vie

Revenons à l’alchimie entre ces deux personnages iconoclastes de la télévision. Avant cette page de fin, il y a eu des débuts tonitruants sur Fun Radio : Baffie, trublion des auditeurs avec ses canulars, Ardisson, séducteur de l’écran. C’est l’homme en noir qui repère Baffie et lui offre… une fenêtre :

« C’était le grand frère qui a changé ma vie. Il m’a permis d’inventer un métier à la télévision. […] Il a vu les canulars que je faisais et il s’est mis à diffuser les vidéos »

Un geste professionnel décisif, un coup de cœur médiatique. Baffie voit en Ardisson le mentor qui lui a offert la visibilité, la confiance, la scène.

L’héritage télévisuel d’un homme passionné, polémiste et inventif

Provocateur, clivant, iconoclaste… Thierry Ardisson, avec son style engagé, atypique, a marqué les esprits. Laurent Baffie refuse que l’on retienne uniquement la controverse :

Il compare Ardisson à Coluche : tout aussi clivant, mais reconnu pour son influence et sa créativité avec le temps.

Il rappelle ses quelque « dizaines » d’innovations : formats, interviews, capsules, ruptures de ton, styles piquants…

Il encourage à se souvenir du positif, de ce qu’il a apporté à la télévision, à la satire, à la culture populaire.

Son ami souligne à quel point l’animateur a mêlé le fond, la forme, l’audace, pour que le média ne soit jamais figé.

Comment garder sa mémoire vivante dans nos quotidiens ?

C’est la question que beaucoup se posent, en quittant l’émotion des derniers instants. Comment honorer un tel parcours ?

  • En regardant ses émissions mythiques, pour retrouver son audace.
  • En partageant des « trésors » télévisuels avec les plus jeunes, pour transmettre une époque…
  • En cultivant la liberté de ton chère à Ardisson, en refusant les formats aseptisés, en osant sa touche personnelle.