Drame à l’Aquaboulevard : une fillette de 6 ans ne redescend jamais du toboggan, son père attendait en bas

Publié le 17 juillet 2026

Il y a des après-midis qui basculent en quelques secondes. Des moments ordinaires — un parc aquatique, des enfants qui rient, un père qui surveille — qui se transforment en cauchemar sans qu'on comprenne comment. C'est exactement ce qui s'est passé à l'Aquaboulevard, l'un des plus grands parcs aquatiques de Paris. Une petite fille de 6 ans est entrée vivante dans un espace conçu pour les enfants. Elle n'en est jamais ressortie. Et les questions, elles, restent entières.

Ce samedi d’été qui a tout changé

Ce jour-là, un père passe l’après-midi avec ses trois enfants dans le parc. Ambiance estivale, attractions, glissades. En milieu d’après-midi, sa fille de 6 ans réclame une dernière descente sur « la baleine », une attraction pensée pour les jeunes enfants. Elle enfile ses brassards, monte les marches, s’élance. Son père l’attend en bas du toboggan, comme on le fait naturellement.

Elle ne descend jamais.

Ce sont d’abord de longues minutes d’attente, puis l’inquiétude, puis l’incompréhension totale. Un maître-nageur finit par s’approcher de lui. Sa fille s’est noyée. Un autre parent présent lui indique que le corps a été retrouvé dans le grand bassin, juste à côté de l’attraction.

Des versions qui s’opposent, une enquête qui commence

Dès les premiers jours, deux récits se font face. Celui du père, d’abord : selon lui, sa fille portait bien ses brassards en montant sur le toboggan, et aucun surveillant n’était visible à ce moment-là. Il évoque une prétendue « heure creuse » sans surveillance suffisante. Il dépose plainte pour homicide involontaire.

De l’autre côté, l’avocate d’Aquaboulevard, Me Albane Lancrenon, s’appuie sur les images de vidéosurveillance pour apporter une version différente. « L’enfant était seule, sans surveillance familiale et sans brassard », affirme-t-elle. Ces images ont été remises aux enquêteurs dès le départ. Le parc assure, de son côté, avoir « respecté toutes les obligations de sécurité imposées par les autorités ».

Une juge d’instruction est saisie du dossier depuis le 22 mai, à la demande du parquet. L’enquête vise à la fois des personnes physiques et la structure elle-même : homicide involontaire, non-assistance à personne en danger.

La vraie question que tout le monde se pose

Comment une fillette de 6 ans a-t-elle pu se retrouver dans un bassin profond alors qu’elle s’élançait depuis un toboggan débouchant normalement sur une pataugeoire ? Sans que personne ne réagisse à temps ?

C’est cette zone d’ombre qui alimente le débat. La surveillance dans les espaces mixtes — où adultes et jeunes enfants se côtoient — est-elle réellement adaptée ? La formation des maîtres-nageurs affectés à ces zones est-elle suffisante ? Ce drame relance des interrogations que beaucoup de parents portent en silence chaque été, dès qu’ils poussent les portes d’un parc aquatique.

Une instruction longue, une famille dans la douleur

L’avocat de la famille, Antoine Vey, a choisi de ne faire aucune déclaration pour l’instant. L’instruction s’annonce longue, complexe, mêlant configuration du parc, procédures internes et questions de responsabilité. La justice devra démêler qui devait surveiller quoi, et à quel instant précis.

Ce qui est certain, c’est qu’un père a perdu sa petite fille un samedi d’été, dans un endroit censé être sûr.

Certaines questions méritent des réponses — pour elle, et pour tous les enfants qui prendront des glissades cet été.