Ce complément alimentaire a failli lui coûter le foie : “Je ne referai jamais cette erreur”

C’est une histoire qui commence comme beaucoup d’autres : un petit comprimé « naturel » pris chaque jour, avec les meilleures intentions du monde. Mais pour Claire, 57 ans, le remède miracle s’est transformé en véritable enfer.
Quand un produit naturel devient un danger insoupçonné
Claire souffrait de douleurs articulaires chroniques. Un jour, en naviguant sur les réseaux sociaux, elle tombe sur une vidéo vantant les bienfaits du curcuma, cette épice dorée réputée pour ses vertus anti-inflammatoires. Séduite par le discours rassurant d’un médecin, elle achète des compléments à base de curcuma… et commence à en prendre chaque jour. Dosage : 2 250 mg par jour. Une quantité largement excessive, sans qu’elle en ait conscience.
Au début, tout semble aller. Puis les symptômes s’installent : fatigue extrême, nausées, douleurs abdominales… Des signes flous, faciles à attribuer à autre chose. Jusqu’à ce que Claire remarque que ses urines deviennent foncées, malgré une bonne hydratation. L’alerte est réelle. Mais elle ne fait le lien que deux mois plus tard, en entendant le témoignage d’un homme ayant vécu une expérience similaire à la télévision.
Une hospitalisation d’urgence… et une issue inespérée
Aux urgences, le verdict est sans appel : les analyses montrent des enzymes hépatiques près de 60 fois supérieures à la normale. Le foie est gravement atteint. Claire est transférée dans un hôpital spécialisé à Lyon. Selon son médecin, elle était à un souffle de l’insuffisance hépatique totale. Une greffe était envisagée.
Heureusement, après six jours de soins intensifs, son foie commence à se régénérer. Elle s’en sort, de justesse. Traumatisée, elle confie : « Je ne prendrai plus jamais de compléments alimentaires. »
Un cas loin d’être isolé
Ce genre d’incident n’est pas une exception. Selon les spécialistes, les cas de troubles hépatiques liés à des compléments sont en hausse constante. Et le curcuma est dans le viseur. Entre 1995 et 2020, les greffes de foie liées à la prise de compléments alimentaires ont été multipliées par huit aux États-Unis. En France, l’ANSES a recensé plus de 100 signalements d’effets indésirables liés au curcuma rien qu’en 2022, dont plusieurs cas d’hépatite.
Une pincée dans vos plats ? Oui. En gélule surdosée ? Prudence…
En cuisine, le curcuma est sans danger. Une pincée dans un curry, un velouté ou une marinade, c’est même délicieux. Le souci, c’est que les compléments alimentaires en proposent des doses très concentrées. Parfois plus de 2 000 mg par gélule ! C’est plus de dix fois la limite recommandée par les autorités sanitaires françaises, qui conseillent de ne pas dépasser 153 mg par jour pour un adulte de 60 kg.
Encore plus inquiétant : certaines formules contiennent aussi du poivre noir, qui augmente l’absorption du curcuma par l’organisme… mais aussi sa toxicité potentielle pour le foie.
Complément alimentaire : ce qu’il faut toujours garder à l’esprit
Ce que rappelle cette histoire bouleversante, c’est que « naturel » ne veut pas dire « sans danger ». Les plantes, aussi bénéfiques soient-elles, peuvent devenir nocives à forte dose ou mal associées. Et contrairement aux médicaments, les compléments sont parfois peu réglementés.
Avant de débuter une cure, même à base de plantes, mieux vaut demander conseil à un professionnel de santé. Et surtout, écouter son corps : des symptômes inhabituels ne doivent jamais être ignorés.
Claire a eu la chance d’échapper au pire. Elle espère que son expérience servira d’avertissement à d’autres. Parce que parfois, vouloir bien faire peut malheureusement mal tourner…