Cancer du poumon chez les non-fumeurs : les vraies causes que vous ignorez peut-être

Publié le 16 octobre 2026
Cancer du poumon chez les non-fumeurs : les vraies causes que vous ignorez peut-être

Le diagnostic du pape Léon XIV a surpris beaucoup de monde. Et pour cause : il n'était pas fumeur. Pourtant, le cancer du poumon ne frappe pas uniquement ceux qui ont grillé des cigarettes toute leur vie. Derrière cette maladie se cachent des facteurs bien moins connus, mais tout aussi réels. Pollution, gènes, environnement… Il est temps de faire le point, calmement, avec les explications du Dr Gérald Kierzek.

Non-fumeur et cancer du poumon : comment est-ce possible ?

On l’associe presque automatiquement au tabac. Pourtant, selon l’Institut national du cancer, les non-fumeurs représentent plus de 12 % des patients atteints d’un cancer bronchique en France. Pas anodin.

Le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste et directeur médical de Doctissimo, l’explique simplement : * »Des facteurs génétiques et environnementaux peuvent entrer en jeu. »* Certaines tumeurs pulmonaires présentent des mutations spécifiques — EGFR, ALK ou ROS1 — qui les rendent paradoxalement plus sensibles aux thérapies ciblées. Une étude menée sur plus de 14 000 patients a montré que près de 58 % des jeunes adultes concernés présentaient ce type de mutations. Et certains gènes héréditaires, comme ATM, pourraient multiplier le risque par 36 dans certaines situations.

Radon, pollution, fumées de cuisson : les coupables invisibles

Le radon d’abord. Ce gaz radioactif, incolore et inodore, peut s’accumuler dans les logements mal ventilés. L’OMS le désigne comme la principale cause environnementale de cancer du poumon chez les non-fumeurs. Chaque augmentation de 100 Bq/m³ dans l’air augmenterait le risque d’environ 16 %. Un chiffre qui donne à réfléchir au moment d’aérer son appartement.

Les particules fines — les fameuses PM2,5 — sont également associées à un risque accru. Et côté professionnel, certains environnements de travail exposent à des substances reconnues comme dangereuses : amiante, silice cristalline, gaz d’échappement diesel.

Enfin, les fumées de cuisson à haute température seraient aussi en cause dans certains cas, notamment chez des femmes non-fumeuses.

Les femmes particulièrement concernées

Le cancer du poumon ne touche pas qu’un profil type. Les femmes, même sans avoir jamais fumé, sont largement concernées. Aux États-Unis, une femme diagnostiquée sur cinq n’a jamais touché une cigarette.

Le Dr Kierzek le souligne : * »Les femmes non-fumeuses sont particulièrement touchées, avec une prédominance d’adénocarcinomes et de mutations génétiques ciblables par des traitements. »* Autrement dit, le cancer du poumon chez les non-fumeurs a ses propres caractéristiques biologiques — et ses propres solutions thérapeutiques.

Quels signes doivent vous alerter ?

Le cancer du poumon est souvent silencieux au début. C’est précisément ce qui le rend redoutable. Voici les signaux à ne pas ignorer :

– Une toux nouvelle qui s’installe ou s’aggrave – Des expectorations de couleur inhabituelle – Une douleur dans la poitrine à l’inspiration profonde – Un essoufflement sans raison apparente – Une fatigue persistante ou une perte de poids inexpliquée – Des bronchites ou pneumonies à répétition

Si ces symptômes durent, s’aggravent ou restent sans explication, il faut consulter. Un scanner thoracique peut permettre de détecter une anomalie et d’orienter le diagnostic. D’ailleurs, chez les non-fumeurs, c’est souvent lors d’un examen réalisé pour autre chose que la découverte est faite.

Écouter son corps reste toujours le meilleur réflexe santé.