Cancer du poumon : ce nouveau traitement en comprimé montre des résultats impressionnants face à la chimiothérapie

Publié le 19 octobre 2026
Cancer du poumon : ce nouveau traitement en comprimé montre des résultats impressionnants face à la chimiothérapie

Et si un simple comprimé pris à la maison pouvait faire mieux que la chimiothérapie pour certains patients atteints d'un cancer du poumon ? C'est exactement ce que suggère une étude internationale présentée au grand congrès de l'ASCO en 2026 et publiée dans le très sérieux *New England Journal of Medicine*. Une nouvelle qui fait souffler un vent d'espoir dans le monde de la cancérologie, même si les spécialistes appellent à rester prudents.

Quand une mutation rare laisse les patients sans véritable option

Tous les cancers du poumon ne se ressemblent pas. Derrière un même diagnostic se cachent en réalité des dizaines de profils biologiques différents. Depuis une quinzaine d’années, identifier ces anomalies génétiques a permis de développer des thérapies ciblées qui ont transformé le pronostic de nombreux patients. Mais certaines mutations résistent encore farouchement.

C’est le cas des insertions de l’exon 20 du gène EGFR. Une anomalie rare, présente chez une petite proportion de patients atteints d’un cancer bronchique non à petites cellules, et particulièrement difficile à traiter. Pendant des années, les médecins ont dû jongler avec des options imparfaites, souvent peu efficaces ou très éprouvantes pour les patients.

Dépistage du cancer du poumon : un vrai enjeu de santé publique

C’est précisément pour répondre à ce besoin que le sunvozertinib a été développé : une molécule conçue spécifiquement pour cibler cette anomalie génétique, avec l’ambition de freiner la croissance tumorale de manière plus précise et mieux tolérée.

Des chiffres qui retiennent l’attention

Pour mesurer l’efficacité de cette nouvelle approche, les chercheurs ont mené l’essai clinique international WU-KONG28, avec 324 patients répartis en deux groupes : les uns prenaient le sunvozertinib en comprimé quotidien, les autres recevaient une chimiothérapie classique.

Les résultats sont parlants :

– La maladie n’a pas progressé pendant plus de 10 mois chez les patients sous sunvozertinib, contre 7,5 mois sous chimiothérapie. – Les tumeurs ont diminué de taille chez 59 % des patients traités avec le nouveau médicament, contre seulement 31 % dans le groupe chimiothérapie. – La durée de réponse au traitement a atteint 11,2 mois en moyenne, contre 7,1 mois.

Au-delà des statistiques, il y a un détail qui change vraiment la vie au quotidien : contrairement aux perfusions à l’hôpital, ce traitement se prend à domicile. Un comprimé par jour, chez soi. Pour des patients qui suivent un traitement sur le long terme, c’est loin d’être anodin.

Espoir réel, mais prudence de mise

Les spécialistes saluent l’avancée tout en appelant à ne pas aller trop vite. Le Dr Ivan Pourmir, oncologue et chercheur, parle d’un « petit signe d’espoir » et reconnaît qu’avoir une alternative orale est « évidemment une bonne nouvelle ». Mais il nuance : l’étude ne compare pas encore le sunvozertinib au traitement de référence actuel dans plusieurs pays, qui associe chimiothérapie et amivantamab. Une comparaison directe reste nécessaire.

Autre point à garder en tête : la majorité des participants à l’essai étaient asiatiques, ce qui soulève des questions sur l’efficacité du traitement dans des populations plus variées. Des données complémentaires seront indispensables.

Côté tolérance, le bilan est rassurant : seulement 7,4 % des patients ont arrêté le traitement en raison d’effets indésirables, et aucun décès lié au médicament n’a été constaté.

Pour les patients porteurs de cette mutation rare, longtemps privés d’options réellement satisfaisantes, chaque avancée compte — et celle-ci mérite vraiment d’être suivie de près.