Afrique du Sud : une série de disparitions de femmes sème la terreur près de Johannesburg

Publié le 6 octobre 2026
Afrique du Sud : une série de disparitions de femmes sème la terreur près de Johannesburg

En Afrique du Sud, une destination prisée des voyageurs du monde entier, une actualité particulièrement troublante agite les autorités depuis plusieurs semaines. Douze femmes ont été retrouvées sans vie dans la région d'Ekurhuleni, municipalité voisine de Johannesburg. Une situation alarmante qui pousse la police à lancer un avertissement public rare… et qui soulève de nombreuses questions sur la sécurité des femmes dans ce pays.

Une région sous le choc depuis juillet

Tout a commencé au mois de juillet. Les découvertes se succèdent, l’une après l’autre, dans des champs, au bord des routes ou près d’une rivière locale. Douze victimes en quelques semaines seulement. Parmi elles, Elizabeth Moselakgomo, partie courir un matin et jamais revenue, ou encore Dineo Motapane, 38 ans, Itumeleng Kekana, 32 ans, Gracious Nkomo, 28 ans, et Jabulile Ntimba.

Elizabeth Moselakgomo was found dead

Les corps ont été retrouvés à proximité de l’aéroport international O.R. Tambo, un hub majeur qui accueille chaque année des centaines de milliers de touristes étrangers. La police locale n’a pas encore officiellement confirmé la piste d’un tueur en série, mais a reconnu que « les similitudes sont suffisamment préoccupantes » pour alerter la population. Les femmes ont notamment été conseillées de ne plus se déplacer seules.

Un expert tire la sonnette d’alarme

The crimes have all happened around Johannesburg

Paul O’Sullivan n’est pas n’importe qui. Cet ancien enquêteur spécialisé dans les crimes en série a notamment contribué à l’arrestation du tristement célèbre « Wemmer Pan Killer », responsable de 27 meurtres dans les années 90 à Johannesburg. Son analyse de la situation actuelle est sans détour.

Selon lui, la police commet une erreur stratégique majeure en ne communiquant pas sur le mode opératoire du suspect. « L’une des façons les plus rapides d’attraper un tueur en série, c’est de rendre public sa manière d’agir », explique-t-il. Cette transparence permettrait à la fois d’alerter efficacement la population et de montrer au suspect que les enquêteurs sont sur sa piste.

Une justice qui peine à suivre

Family members at Elizabeth

Derrière cette affaire se cache une réalité plus profonde. Tegan Snyman, représentante d’Amnesty International Afrique du Sud, pointe du doigt une méfiance généralisée envers les forces de l’ordre : erreurs de procédure, manque de collecte de preuves, témoignages mal recueillis… Les failles sont nombreuses et connues.

Mourners walked with Elizabeth

Juanita du Preez, directrice de l’Action Society, ajoute une donnée accablante : en Afrique du Sud, une affaire criminelle prend en moyenne trois ans et demi avant d’aboutir à une conclusion. Et une fois condamnés, les coupables bénéficient souvent de libérations conditionnelles rapides, alimentant un cycle difficile à briser.

Malgré tout, Tegan Snyman garde espoir : la médiatisation de cette affaire pourrait forcer les autorités à traiter ce dossier avec toute la rigueur qu’il mérite. « J’espère que les familles obtiendront justice », confie-t-elle, avec une lucidité poignante.

La lumière médiatique est parfois le meilleur allié des victimes oubliées.