La femme de mes rêves

Publié le 18 février 2026
La femme de mes rêves

Parfois, tout bascule à cause d’un détail. Une vibration, une lumière dans l’obscurité, un mot aperçu trop vite. Ce soir-là, rien ne laissait présager un tel tourbillon intérieur. Et pourtant, en quelques secondes, la certitude tranquille d’un amour solide s’est fissurée, laissant place à une tempête d’émotions où la peur, l’imagination et la culpabilité se sont livrées un combat silencieux.

Quand le doute s’invite sans prévenir

Ce mardi soir devait être banal. La maison était calme, presque apaisante. Son mari s’était assoupi sur le canapé, épuisé par la journée, son téléphone posé près de lui. Elle n’avait jamais ressenti le besoin de fouiller, jamais. Mais cette fois, l’écran s’illumina brièvement, comme un signal impossible à ignorer. Un nom apparut, doux, presque trop tendre, et son cœur se serra brutalement.

La curiosité plus forte que la raison

Elle savait que ce geste allait la trahir elle-même. Pourtant, ses doigts se sont approchés du téléphone, guidés par une angoisse qu’elle ne contrôlait plus. Dans sa tête, mille scénarios défilaient, nourris par les romans, les séries, les histoires entendues ici et là. Elle ouvrit la liste de contacts, le souffle court, comme si elle s’apprêtait à découvrir une vérité irréversible.

Des noms qui font vaciller

Les surnoms s’enchaînaient : affectueux, chaleureux, presque poétiques. Son estomac se noua. Chaque mot semblait confirmer ses peurs, chaque ligne l’entraînait un peu plus loin dans une spirale de suppositions. Elle se sentit soudain ridicule d’avoir cru à une histoire simple, rassurante, sans ombres ni failles. Le sol semblait se dérober sous ses pieds.

Le premier appel, la première claque

Tremblante, elle appuya sur un contact au hasard. Une voix répondit, familière, douce, immédiatement reconnaissable. C’était sa mère. La honte l’envahit d’un coup, brûlante. Elle bredouilla une excuse et raccrocha précipitamment, le cœur battant à tout rompre. Ce n’était qu’un malentendu… et pourtant, l’angoisse persistait.

Le soulagement de courte durée

Elle appela le second numéro. Cette fois, une voix joyeuse répondit, parlant d’un repas raté et de banalités du quotidien. Sa belle-fille. Un rire nerveux lui échappa. Le soulagement fut réel, mais fragile. Car il restait encore un nom. Un seul. Celui qui l’avait fait basculer dès le départ.

La femme de mes rêves

Les larmes aux yeux, elle hésita longuement avant d’appuyer sur le bouton d’appel. Elle priait intérieurement pour s’être trompée, pour que tout cela ne soit qu’un enchaînement absurde de peurs injustifiées.
Au même instant, son propre téléphone vibra. Elle décrocha, la gorge serrée.

La voix de son mari résonna, calme, légèrement amusée. Il lui demanda d’où elle appelait. Le monde s’effondra. Elle raccrocha, incapable de prononcer un mot, et s’effondra sur le sol, submergée par ses sanglots.

La vérité face à la culpabilité

Lorsqu’il la retrouva ainsi, brisée, elle avoua tout. Ses doutes, ses peurs, ce geste qu’elle regrettait déjà profondément. Il ne cria pas. Il ne se mit pas en colère. Il la prit simplement dans ses bras, longuement, et murmura avec tristesse qu’il aurait aimé qu’elle lui fasse confiance.

Ces mots furent plus lourds que n’importe quel reproche.

Une tentative de réparation

Le lendemain matin, encore secouée, elle chercha à se faire pardonner maladroitement. Elle lui tendit son salaire du mois, comme une offrande, une tentative désespérée de réparer l’irréparable. Il accepta avec douceur, l’embrassa sur le front, sans un mot de plus.

Quelques heures plus tard, il quitta la maison.

Parfois, ce ne sont pas les secrets qui détruisent un couple, mais la confiance fragilisée par des peurs que l’on n’ose pas partager.