Il a remporté le Loto 14 fois : la stratégie secrète de l’économiste Stefan Mandel enfin dévoilée

Publié le 18 février 2026

Il y a des histoires qui ressemblent à des légendes urbaines… et pourtant. Imaginez un homme qui décroche non pas un, ni deux, mais quatorze jackpots au Loto. Sans grigri porte-bonheur, sans intuition magique, juste avec une calculatrice et une logique implacable. Mythe ou génie mathématique ? Derrière ce parcours incroyable se cache une stratégie aussi brillante que déroutante… mais surtout, une époque bien différente de la nôtre.

Stefan Mandel : quand les probabilités deviennent une stratégie

Dans les années 1960, en Roumanie, Stefan Mandel ne cherche pas à « tenter sa chance ». Il cherche une faille logique. Passionné de chiffres, cet économiste analyse le fonctionnement des loteries comme un problème mathématique.

Problème : au Loto, la probabilité de décrocher le jackpot est infime. Par exemple, pour un tirage de 6 numéros sur 49, la probabilité est d’1 sur 13 983 816. Autant dire que c’est plus rare qu’un été sans pluie en Bretagne.

Sa réflexion est pourtant simple : si le montant du jackpot dépasse largement le coût total de toutes les combinaisons possibles, alors le jeu peut devenir rentable. Non pas basé sur la chance, mais sur un calcul d’investissement.

Il met au point un système de sélection optimisée de combinaisons et, avec plusieurs associés, finance des centaines de grilles. Résultat : un premier gain suffisant pour changer de vie. Et ce n’est que le début.

La méthode du “tout couvrir” : audacieuse mais logique

Le véritable coup de génie de Stefan Mandel apparaît lorsqu’il s’installe en Australie. Là, il change d’échelle.

Son idée ? Repérer les loteries où le jackpot atteint au moins trois fois le coût total de toutes les combinaisons possibles. Prenons un exemple simplifié : si un jeu propose 3,8 millions de combinaisons et que chaque grille coûte 1 €, il faut investir 3,8 millions d’euros pour toutes les valider. Si le jackpot dépasse largement ce montant, l’opération peut, en théorie, générer un bénéfice.

Mais comment jouer des millions de grilles ?

C’est là qu’intervient son syndicat d’investisseurs, l’International Lotto Fund. Des milliers de participants mettent leurs fonds en commun. Des ordinateurs génèrent automatiquement les combinaisons, puis des équipes se chargent de les faire valider dans différents points de vente.

On est loin du ticket validé chez le buraliste en allant acheter son journal. C’est une véritable opération logistique, presque industrielle.

Le jackpot record en Virginie

En 1992, aux États-Unis, Mandel applique son plan à grande échelle lors d’un tirage en Virginie. Cette fois, le jeu comporte un peu plus de 7 millions de combinaisons possibles. Son équipe parvient à en valider environ 6,4 millions avant le tirage, en respectant l’ordre logique : génération informatique des combinaisons, impression des bulletins, puis validation progressive dans les points de vente.

Résultat : le jackpot tombe dans l’escarcelle du groupe. Une victoire spectaculaire qui marque l’apogée de sa méthode.

Mais cette réussite attire l’attention des autorités. Aucune illégalité n’est démontrée, mais les règles des loteries évoluent rapidement après cet épisode afin d’empêcher toute tentative de couverture massive.

Pourquoi la méthode est impossible en France aujourd’hui

La question se pose naturellement : pourrait-on reproduire cette stratégie avec le Loto de Française des Jeux ?

En théorie, il faudrait couvrir l’ensemble des combinaisons possibles. Or, pour le Loto français, on compte plus de 19 millions de combinaisons. À 2,20 € la grille, l’investissement dépasserait 41 millions d’euros.

Premier obstacle : les jackpots atteignent rarement un montant suffisant pour rendre l’opération financièrement intéressante.

Deuxième obstacle : la réglementation actuelle limite fortement le nombre de grilles qu’un même groupe peut valider, et les systèmes informatiques empêchent toute tentative de couverture exhaustive.

Autrement dit, ce qui relevait autrefois d’une opportunité mathématique est devenu aujourd’hui un simple cas d’école.

Une leçon plus inspirante qu’il n’y paraît

Au fond, l’histoire de Stefan Mandel n’est pas seulement celle d’un homme qui a remporté quatorze jackpots. C’est celle d’une approche différente : observer un système, en comprendre les règles, analyser les chiffres et oser penser autrement.

Son aventure rappelle surtout que les jeux de hasard restent des jeux. Si les mathématiques peuvent parfois révéler une opportunité, elles ne transforment pas la chance en certitude.

La vraie richesse, finalement, réside peut-être dans la capacité à développer une stratégie mathématique face au hasard, sans jamais oublier que le jackpot du Loto demeure, avant tout, imprévisible.