L’histoire cachée derrière ce simple geste

Publié le 16 février 2026

Un simple poing fermé. Rien de plus banal, pensez-vous ? Et pourtant… Glissez le pouce entre l’index et le majeur, et ce petit mouvement devient soudain chargé de sens. Derrière ce geste presque enfantin se cache une histoire étonnante, traversant les siècles et les cultures. Entre symbole de protection, clin d’œil moqueur et rituel discret, la « figue » n’a pas dit son dernier mot.

La figue : un geste ancien aux multiples significations

À première vue, la « figue » ressemble à un simple poing serré. Mais ce détail du pouce coincé entre deux doigts change tout. En Grèce notamment, ce geste était autrefois utilisé comme une façon ironique de dire « tu n’auras rien » ou « passe ton chemin », sans prononcer un mot.

À une époque où les échanges pouvaient vite devenir tendus, ce signe permettait d’exprimer un refus clair sans élever la voix. Un “non” silencieux, presque élégant, comparable à une porte que l’on referme calmement plutôt que de la claquer.

Ce langage corporel discret faisait partie du quotidien. On l’utilisait entre voisins, entre amis, parfois même en famille. Le geste parlait de lui-même et son message était immédiatement compris.

Un symbole de protection venu de loin

Mais l’histoire de la figue ne s’arrête pas à une simple moquerie. Dans certaines traditions anciennes d’Europe de l’Est, notamment dans la Russie païenne, ce geste était considéré comme un signe protecteur.

Le poing fermé symbolisait une force intérieure. Le pouce replié jouait le rôle d’un talisman discret. On croyait que ce geste pouvait éloigner les énergies négatives et préserver celui ou celle qui l’exécutait.

À l’image de nos petits rituels modernes – toucher du bois ou croiser les doigts – la figue représentait une manière rassurante de reprendre le contrôle face à l’incertitude. Un geste minuscule, mais porteur d’intention.

Un code secret dans les cours d’école

 

 

Si vous avez grandi avant l’arrivée des smartphones, vous vous souvenez peut-être de ces petits gestes codés échangés dans la cour de récréation. La figue faisait partie de ce langage complice.

Un rendez-vous manqué ? Une blague entre amis ? On levait la main, pouce dissimulé, et le message passait. Ce n’était ni agressif ni vulgaire, mais une manière taquine de dire : “Bien essayé !”

Ce qui est fascinant, c’est la transmission. Sans manuel ni explication officielle, le geste traversait les générations. Comme une recette de grand-mère ou une comptine, il s’installait naturellement dans les habitudes.

Un geste chargé d’émotion dans les périodes difficiles

Au fil du temps, la figue a aussi pris une dimension plus intime. Durant certaines périodes troublées de l’histoire européenne, des témoignages évoquent ce geste comme un symbole d’endurance.

Des hommes serraient dans leur poing une alliance ou un petit objet précieux tout en formant la figue. Ce n’était pas un défi lancé au monde, mais une manière silencieuse de se rappeler l’essentiel : l’amour, le courage, l’espoir.

On est loin de la simple moquerie. Ici, le geste devient personnel, presque méditatif. Une façon de se dire intérieurement : “Je tiens bon.”
Un véritable geste ancestral devenu refuge discret.

Pourquoi la figue a presque disparu ?

Aujourd’hui, nos refus passent par un message vocal, un émoji ou un GIF. Le langage numérique a remplacé une partie de nos codes gestuels, et la figue s’est faite plus rare.

Elle n’a pourtant pas totalement disparu. On la retrouve parfois comme petit porte-bonheur ou dans certaines familles où la tradition se perpétue discrètement.

Ce qui évolue, ce n’est pas le besoin d’exprimer un refus ou de se protéger, mais la forme. Le fond reste identique : nous cherchons toujours des moyens subtils d’affirmer nos limites sans entrer en conflit.

Et si, au fond, la figue nous rappelait qu’on peut dire non avec calme, protéger son espace avec douceur et affirmer sa force grâce à ce symbole de protection… sans jamais hausser le ton ?