Syndrome de Treacher Collins : la famille Moore et un choix qui a tout changé

Publié le 27 octobre 2026
Syndrome de Treacher Collins : la famille Moore et un choix qui a tout changé

Il y a des histoires qui touchent droit au cœur et posent des questions auxquelles on n'avait pas pensé. Celle de Simon, Vicky et leur petite Alice en fait partie. Une famille britannique, un diagnostic connu avant même la conception, et une décision assumée qui a déchaîné les passions. Entre génétique, parentalité et liberté de choisir, leur parcours nous invite à regarder la différence autrement. Et à réfléchir à ce que signifie vraiment "donner la vie".

Simon et Vicky : une décision assumée face aux critiques

Simon Moore est né avec le syndrome de Treacher Collins, une maladie génétique rare qui affecte le développement de certaines structures du visage, des oreilles et des mâchoires. Quand lui et Vicky ont décidé d’avoir un enfant, ils savaient. Le risque de transmission était réel : environ 50 % à chaque grossesse.

Leur fille Alice est née avec la même condition que son père.

Certaines personnes les ont qualifiés de « cruels ». Eux ont répondu avec calme et conviction : avoir le syndrome de Treacher Collins ne signifie pas vivre sans joie, sans projets, sans avenir. Simon en est la preuve vivante.

Le syndrome de Treacher Collins : de quoi parle-t-on exactement ?

C’est une maladie génétique rare, estimée à environ un cas pour 80 000 naissances. Elle touche le développement de certaines structures du visage pendant la vie fœtale. Les manifestations varient énormément d’une personne à l’autre : développement réduit des pommettes, différences au niveau des paupières, de la mâchoire ou des oreilles.

Un point important à clarifier : ce syndrome n’est pas une maladie évolutive qui « déforme progressivement le crâne ». Les caractéristiques sont présentes dès la naissance et accompagnent simplement la croissance. Les capacités intellectuelles ne sont pas affectées.

Ce qui nécessite une attention médicale particulière

L’audition est souvent au cœur du suivi. Les structures de l’oreille peuvent être modifiées, entraînant une perte auditive conductrice. Détecter cela tôt est essentiel : un enfant qui entend mal apprend plus difficilement à parler. Avec une prise en charge adaptée, ce retard peut être largement compensé.

La respiration, la vision, la santé dentaire et le développement osseux peuvent aussi nécessiter un suivi régulier. Chaque enfant est différent. Alice n’aura pas forcément le même parcours médical que son père — et c’est tout l’enjeu du suivi individualisé.

Génétique et parentalité : une décision qui appartient à chaque famille

Le syndrome de Treacher Collins est lié à des variants du gène TCOF1, entre autres. Quand un parent est porteur, un conseil génétique permet d’explorer les options avant une grossesse : tests préimplantatoires, suivi prénatal, accompagnement personnalisé.

Simon et Vicky ont fait leur choix en connaissance de cause. Ce choix leur appartient. Il nous rappelle surtout qu’une condition génétique ne résume pas une vie — elle en fait partie, tout simplement.

Alice grandit entourée d’amour, accompagnée par des spécialistes, et portée par des parents qui n’ont jamais considéré sa différence comme un obstacle.

Ce qui définit une vie, ce n’est pas un diagnostic — c’est tout ce qu’on construit autour.