« Girl in the Picture » sur Netflix : qui était vraiment Suzanne Sevakis, la femme aux mille visages ?

Publié le 21 octobre 2026
"Girl in the Picture" sur Netflix : qui était vraiment Suzanne Sevakis, la femme aux mille visages ?

Une vieille photo de famille. Des noms qui changent. Une vie entière construite sur des identités empruntées. Si vous avez regardé le documentaire *Girl in the Picture* sur Netflix en vous demandant ce qui était vrai, sachez que la réalité dépasse largement la fiction. Derrière les prénoms Sharon Marshall et Tonya Hughes se cachait une seule et même femme : Suzanne Marie Sevakis. Et son histoire est à couper le souffle.

Une enfance volée, une identité effacée

Suzanne naît le 6 septembre 1969 dans le Michigan. Une enfance ordinaire, une maman, une famille. Jusqu’au jour où tout bascule. Sa mère, Sandi Chapman, entame une relation avec un certain Franklin Delano Floyd — un homme qui utilisait de faux noms depuis des années. En 1974, il épouse la maman de Suzanne sous l’identité de Brandon C. Williams.

Quand la famille s’installe au Texas, un événement tragique scelle le destin de la petite fille. Sa mère est arrêtée pour des affaires mineures. Floyd en profite pour disparaître… avec Suzanne. Ses sœurs sont placées en institution. Elle, non. Elle reste sous l’emprise de cet homme qui va contrôler chaque aspect de sa vie pendant des années.

Sharon, puis Tonya : une vie sous de faux noms

L’adolescence arrive. Suzanne est désormais connue sous le prénom de Sharon Marshall. Autour d’elle, personne ne questionne l’homme qui l’accompagne. Floyd passe pour une figure parentale banale, quand il est en réalité son ravisseur.

Les années passent. Une nouvelle identité apparaît : Tonya Hughes. Suzanne s’installe en Oklahoma avec un petit garçon prénommé Michael. Une vie de façade, fragile et surveillée.

En 1990, Tonya décède au bord d’une route. Elle n’a que 20 ans. Les autorités ne savent pas encore qui elle est vraiment.

L’enquête qui a tout changé

Les enquêteurs remarquent rapidement des incohérences. L’histoire de Tonya Hughes ne tient pas. Pire : l’homme présenté comme son époux, Clarence Hughes, n’existe pas non plus. Derrière ce nom, encore une fois, se cache Franklin Delano Floyd.

Le FBI remonte les pistes, retrouve d’anciens documents familiaux, réalise des tests ADN. La conclusion tombe comme un verdict : Tonya Hughes était Suzanne Marie Sevakis. Vingt-quatre ans après sa disparition, elle retrouve enfin son vrai nom.

Le petit Michael et les dernières zones d’ombre

L’histoire ne s’arrête pas là. Michael, le fils de Suzanne, se retrouve sous protection de l’État. Floyd prétend en être le père — une analyse sanguine prouve le contraire.

En 1994, Floyd enlève le garçon de son école alors qu’il a six ans. Il avouera les faits au FBI et écopera de 52 ans de prison. Il sera également condamné à mort en Floride pour la disparition d’une autre jeune femme, Cheryl Ann Commesso.

Les circonstances exactes de la mort de Suzanne, elles, n’ont jamais été pleinement élucidées. Floyd a toujours refusé d’en parler.

Netflix redonne son nom à Suzanne

En 2022, la réalisatrice Skye Borgman signe *Girl in the Picture*, un documentaire bouleversant qui replace Suzanne au cœur de sa propre histoire. Témoignages, archives, preuves génétiques : tout est là pour rappeler qu’elle n’était pas « la fille de la photo ».

Elle était Suzanne. Et son histoire méritait d’être racontée.