Cancer du sein métastatique : ce nouveau traitement qui pourrait changer la donne face à la chimiothérapie

Publié le 19 octobre 2026
Cancer du sein métastatique : ce nouveau traitement qui pourrait changer la donne face à la chimiothérapie

Et si les médecins disposaient bientôt d'une alternative bien plus efficace que la chimiothérapie pour traiter certains cancers du sein avancés ? C'est exactement ce que laisse espérer une étude présentée lors du grand congrès mondial sur le cancer, l'ASCO 2024. Les résultats sont tellement prometteurs qu'ils pourraient transformer, dans un avenir proche, la façon dont on prend en charge ces maladies redoutables. On vous explique tout.

Cancer du sein métastatique : un parcours de soin complexe

Quand on parle de cancer du sein hormono-dépendant, on parle du type le plus fréquent. Face à lui, les médecins disposent de plusieurs options : l’hormonothérapie d’abord, souvent prescrite pendant 5 à 10 ans après la chirurgie pour éviter toute rechute. Mais lorsque la maladie évolue et se propage à d’autres organes, la situation se complique.

On passe alors à d’autres traitements : inhibiteurs de CDK4/6, thérapies ciblées… Et en dernier recours, la chimiothérapie, dont l’efficacité reste limitée et les effets secondaires, souvent lourds à supporter. C’est là que la nouvelle étude entre en jeu — et elle change vraiment les perspectives.

Les anticorps conjugués, la grande révolution de l’ASCO 2024

La star de ce congrès 2024 ? Les anticorps conjugués. Derrière ce terme technique se cache une idée géniale : combiner la précision des thérapies ciblées avec la puissance de la chimiothérapie. Concrètement, imaginez un missile intelligent capable de repérer uniquement les cellules cancéreuses et de leur délivrer directement un traitement. Résultat théorique : une action ultra-ciblée, plus efficace, avec moins de dommages collatéraux pour l’organisme.

Le médicament testé ici s’appelle le trastuzumab deruxtecan — commercialisé sous le nom Enhertu. Il cible à l’origine les tumeurs qui expriment fortement une protéine appelée HER2. Mais la grande surprise de cette étude, c’est qu’il a également démontré son efficacité sur des tumeurs qui n’expriment cette protéine qu’en très faible quantité. Une découverte inattendue et enthousiasmante.

Des résultats concrets qui donnent de l’espoir

L’étude a suivi 866 femmes atteintes d’un cancer du sein métastatique. La moitié a reçu le trastuzumab deruxtecan, l’autre une chimiothérapie classique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Chez les patientes traitées avec ce nouvel anticorps conjugué, la maladie n’a pas progressé pendant 13,2 mois en moyenne, contre seulement 8,1 mois avec la chimiothérapie. Encore plus marquant : 56,5 % des femmes sous trastuzumab deruxtecan ont vu leur tumeur régresser, contre 32,3 % sous chimiothérapie. Et pour les tumeurs exprimant HER2 de façon encore plus minime, ce taux a même plus que doublé.

Autre point encourageant : les patientes ont pu suivre ce traitement plus longtemps — en moyenne 11 mois contre 5,6 mois pour la chimiothérapie. Des effets indésirables existent malgré tout, notamment des nausées et un risque accru d’atteinte pulmonaire. Les chercheurs continuent donc de surveiller les participantes pour confirmer un bénéfice sur la survie à long terme.

Vers une nouvelle façon de classer et traiter les cancers

Au-delà des chiffres, ces résultats pourraient bouleverser la classification même des tumeurs. Comme l’explique le Pr Giuseppe Curigliano, de l’Université de Milan, ce traitement pourrait être utilisé bien plus tôt dans le parcours de soin, et bénéficier à davantage de patientes. La biopsie liquide — une analyse du sang pour détecter des cellules tumorales circulantes — pourrait même aider à identifier celles qui profiteraient le plus de ce traitement.

Une avancée médicale qui, pour beaucoup de femmes, représente une vraie lueur d’espoir.