Après les manifestations du 17 octobre : couvre-feux, pillages et « acte II » annoncé, ce qu’il faut savoir

Publié le 19 octobre 2026
Après les manifestations du 17 octobre : couvre-feux, pillages et "acte II" annoncé, ce qu'il faut savoir

Un week-end qui a laissé des traces. Alors que les images de commerces dégradés et de rues chaotiques ont circulé partout sur les réseaux sociaux, la France se réveille ce lundi avec des questions qui brûlent les lèvres. Que s'est-il vraiment passé ? Quelles décisions ont été prises pour éviter que la situation ne s'emballe davantage ? Et surtout… est-ce que ça risque de recommencer samedi prochain ? On fait le point ensemble, calmement.

Un « acte II » déjà annoncé pour ce samedi

C’est l’information qui circule depuis ce matin et qui inquiète : la coordination à l’origine des rassemblements du 17 octobre contre la vie chère annonce d’ores et déjà un « acte II » pour le samedi 24 octobre. Sur leur site dédié, une carte des mobilisations prévues affiche déjà plusieurs dizaines d’actions programmées partout en France. « Il y a clairement une énorme poussée pour qu’il y ait un Acte II », confirme Benjamin Ball, éditeur du site, auprès de l’AFP. De quoi pousser les autorités à anticiper davantage cette fois.

Des mesures d’urgence prises dans plusieurs villes

Face au chaos observé samedi, les élus locaux n’ont pas tardé à réagir. À Denain, dans le Nord, la maire Anne-Lise Dufour-Tonini a instauré un couvre-feu nocturne — pour tous, mineurs comme majeurs — jusqu’au dimanche 25 octobre, de 21h à 6h du matin. Une mesure exceptionnelle qui permet, selon elle, de « concentrer la police sur les fauteurs de troubles » plutôt que de disperser les effectifs. Dans sa ville, une cinquantaine de jeunes ont tenté de reproduire les scènes vues à la télévision : poubelles enflammées, vitrines attaquées, mobilier urbain saccagé.

À Marseille, tous les rassemblements ont été interdits de midi à 20h ce dimanche. Et à Lyon, le bilan est particulièrement lourd : entre 150 et 200 commerces ont été touchés par des dégradations et des pillages. La métropole a annoncé débloquer un fonds d’urgence de 10 millions d’euros pour soutenir les commerçants sinistrés.

Près de 200 interpellations dans le Rhône

Du côté de la justice, les choses bougent vite. Le procureur de la République de Lyon a annoncé 199 interpellations depuis samedi, concernant principalement des personnes soupçonnées d’avoir participé aux vols et dégradations. Parmi elles, 25 personnes — dont quatre mineurs — ont déjà été déférées en comparution immédiate. Une réponse judiciaire rapide, saluée par plusieurs élus.

La classe politique se mobilise, les débats s’enflamment

Du côté des responsables politiques, les prises de parole se multiplient. Ariel Weil, maire de Paris Centre, évoque un « sentiment d’abandon » des habitants et des commerçants, déplorant qu’il n’y ait pas eu « assez de forces de l’ordre » dans les rues samedi soir. Le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, reconnaît de son côté que « tout n’a pas été fait » et plaide pour davantage d’outils concrets, y compris des couvre-feux ciblés si nécessaire.

Une cellule interministérielle de crise s’est réunie ce matin autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, avec une dizaine de ministres présents, pour travailler sur trois axes : soutien économique aux commerces, questions assurantielles et suivi judiciaire. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, dont la démission a été proposée puis refusée par Emmanuel Macron, était également présent.

La France retient son souffle avant le prochain samedi.