Arthrose du genou : marcher c’est bien, mais voici ce que le Dr Kierzek conseille vraiment

Quand chaque pas devient une épreuve, le réflexe naturel est de se poser, de préserver le genou en bougeant le moins possible. Logique, non ? Pas si vite. Le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste et expert santé, bouscule cette idée reçue avec un message clair : rester immobile n'est pas la solution. Et marcher non plus ne suffit pas toujours. Alors, qu'est-ce qui fonctionne vraiment face à l'arthrose du genou ?

Marcher avec de l’arthrose du genou : une bonne idée, mais pas suffisante
La marche, c’est accessible, gratuit et facile à glisser dans le quotidien. Pour un genou arthrosique stable, elle aide à entretenir l’endurance, mobilise l’articulation et évite les effets négatifs d’un repos trop prolongé — perte de force, raideur, moral en berne.
Mais attention à ne pas en faire une règle absolue. Marcher ne guérit pas l’arthrose. Et si chaque sortie se transforme en défi douloureux, si vous rentrez chez vous épuisée et en souffrance, quelque chose doit changer. L’activité doit rester supportable, pas héroïque.
Pourquoi le genou a besoin de bien plus que des pas
La Haute Autorité de santé est claire sur ce point : les personnes souffrant d’arthrose bénéficient d’exercices variés et personnalisés. Endurance, oui — mais aussi renforcement musculaire, mobilité articulaire et travail de l’équilibre.
Concrètement, marcher entretient le souffle et le mouvement global, mais ne travaille pas assez la force ni la stabilité du genou. Or un genou fragilisé par l’arthrose a besoin d’un ensemble cohérent. Renforcer les muscles de la cuisse, par exemple, peut réduire la douleur et améliorer nettement le confort au quotidien. C’est un peu comme rénover une maison : peindre les murs c’est bien, mais si les fondations sont fragiles, il faut aller plus loin.
Par où commencer sans aggraver les choses ?
La clé, c’est la progressivité. On oublie le compteur de pas obsessionnel. On commence doucement : quelques minutes de marche à plat, un rythme qui permet de parler sans s’essouffler, une progression très lente.
On peut ensuite ajouter quelques exercices simples à la maison : se lever d’une chaise de façon contrôlée, travailler l’extension du genou, renforcer les cuisses en douceur. Mais chaque situation est unique. Un kinésithérapeute reste le meilleur allié pour doser les mouvements, corriger les mauvaises compensations et ajuster le programme au fil du temps.
Quand faut-il vraiment s’arrêter ?
Il y a des signaux à ne jamais ignorer. Si le genou devient chaud ou gonflé, si la douleur s’intensifie en quelques jours, ou si une raideur inhabituelle limite les gestes du quotidien — se lever, monter un escalier, conduire — il est temps de consulter sans attendre. Continuer le même programme sans réévaluation médicale serait contre-productif.
À retenir : le bon repère n’est pas le nombre de kilomètres parcourus, mais la tolérance du genou dans la durée. Une activité régulière, progressive et variée vaut infiniment mieux qu’un repos total ou qu’un défi quotidien imposé à une articulation déjà fragilisée.
Bouger intelligemment, c’est finalement le plus beau cadeau qu’on puisse faire à son genou.








