Covid-19 et cancer du poumon : ce que les chercheurs ont découvert sur la protéine Spike
On pensait avoir tourné la page du Covid-19. Mais voilà que la science nous rappelle que certaines questions restent ouvertes, bien après la guérison. Des équipes de chercheurs américains et israéliens ont mis en lumière un lien possible entre une infection passée au SARS-CoV-2 et un risque accru de cancer du poumon, plusieurs années plus tard. Un "effet retard" qui intrigue — et qui mérite qu'on en parle calmement, sans dramatiser, mais avec attention.
Covid et cancer du poumon : un lien statistique qui interpelle
Pour comprendre ce lien potentiel, les scientifiques ont épluché les dossiers médicaux de plus de 166 000 personnes guéries du Covid-19, comparées à des profils similaires jamais infectés. Résultat ? Une hausse relative d’environ 22 % du risque de cancer du poumon chez les personnes ayant contracté le virus, avec un effet particulièrement marqué chez les fumeurs.
Mais attention, les chiffres absolus restent modestes. Chez les fumeurs, 1,7 % des personnes ayant eu le Covid ont développé un cancer du poumon, contre 1,4 % pour celles non infectées. Chez les non-fumeurs, on passe de 0,18 % à 0,21 %. Des écarts faibles, donc — mais qui ouvrent des pistes de recherche importantes pour l’avenir.
La protéine Spike : une clé dans le mécanisme
Ce qui rend cette découverte particulièrement fascinante, c’est l’identification d’un mécanisme biologique précis. La protéine Spike du virus activerait une enzyme appelée TYMP, qui déclenche une cascade inflammatoire dans les poumons : micro-lésions, fibrose, modifications du système immunitaire local… autant de conditions qui peuvent, sur le long terme, favoriser l’apparition de cellules anormales.

Les chercheurs ont également observé que cette interaction activait une voie biologique connue pour son rôle dans la croissance tumorale. Des expériences menées sur des modèles animaux ont d’ailleurs confirmé cette hypothèse de façon assez frappante : en présence de la protéine Spike et d’un agent irritant, des lésions pulmonaires apparaissaient dans 50 % des cas, contre seulement 10 % dans le groupe non exposé.
Qui devrait être particulièrement attentif ?
Bonne nouvelle pour la grande majorité d’entre nous : chez les personnes non-fumeuses ayant traversé une forme légère du Covid, aucune augmentation significative du risque n’a été constatée à ce stade. Ouf.
En revanche, certains profils méritent une vigilance renforcée. Les fumeurs et ex-fumeurs, les personnes ayant souffert d’une forme sévère du Covid, ou celles qui présentent encore des séquelles respiratoires comme une fibrose pulmonaire persistante — environ 14 % des patients à un an après l’infection — sont davantage concernés.
Pour ces profils, les chercheurs recommandent un suivi médical régulier, une attention accrue aux symptômes respiratoires inhabituels, et une lecture attentive des bilans d’imagerie thoracique. Rien d’alarmant dans l’absolu, mais une raison de plus de ne pas négliger ses rendez-vous chez le médecin.
La science avance, et chaque découverte nous aide à mieux prendre soin de nous — c’est déjà une excellente raison de rester attentive à sa santé respiratoire, aujourd’hui comme demain.









