« Chroming » : la tendance virale qui a tué une adolescente de 13 ans lors d’une soirée pyjama

Publié le 6 août 2026
"Chroming" : la tendance virale qui a tué une adolescente de 13 ans lors d'une soirée pyjama

Une soirée pyjama ordinaire. Des amies, des rires, une nuit sans histoires. C'est ce que pensaient les parents d'Esra Haynes quand leur fille de 13 ans est partie chez une copine, ce soir de mars. Sportive accomplie, capitaine de son équipe, pleine de vie… Esra n'est jamais rentrée à la maison. Ce drame, survenu en Australie, pourrait arriver n'importe où. Et c'est précisément pour ça que ses parents ont décidé de briser le silence.

Une nuit qui a tout basculé

Ce soir-là, rien ne semblait anormal. Paul et Andrea Haynes savaient où était leur fille, ils connaissaient ses amies. « On savait toujours où elle était. Ce n’était pas quelque chose d’inhabituel, » confie Paul. Puis le téléphone a sonné au milieu de la nuit. L’appel que tous les parents redoutent.

Esra avait inhalé du déodorant en aérosol, participante sans le savoir à une tendance virale appelée le *chroming*. Ses amies ont cru à une crise de panique. En réalité, son cœur s’était arrêté. Les dommages cérébraux étaient déjà irréparables.

Le chroming, une tendance méconnue et mortelle

Le *chroming* consiste à inhaler des vapeurs chimiques contenues dans des produits du quotidien — déodorants, laques, peintures en spray, marqueurs permanents — pour ressentir une euphorie immédiate. Des produits que l’on trouve dans n’importe quelle salle de bain ou placard.

Ce qui rend cette pratique particulièrement terrifiante, c’est sa rapidité. En quelques secondes, elle peut provoquer un arrêt cardiaque, des convulsions, un coma ou une défaillance des organes. Depuis 2009, plusieurs enfants en sont morts, en Australie et ailleurs dans le monde.

Andrea n’avait jamais entendu ce mot avant que les secouristes le lui apprennent au chevet de sa fille.

Huit jours d’espoir, puis l’insupportable

Esra a été transportée d’urgence à l’hôpital. Son cœur et ses poumons étaient solides — ses parents s’accrochaient à cet espoir. Pendant huit jours, ils ont veillé, prié, espéré.

Au bout de huit jours sous assistance respiratoire, le verdict médical est tombé : les lésions cérébrales étaient trop profondes. Il n’y avait plus rien à faire. Paul et Andrea ont dû prendre la décision la plus douloureuse qui soit.

« C’était une chose très, très difficile à faire pour une si jeune âme. Elle a été installée dans un lit pour qu’on puisse être allongés avec elle. On l’a serrée dans nos bras jusqu’à la fin, » raconte Paul, la voix brisée.

Esra est décédée début avril. Derrière elle, elle laisse ses parents « complètement détruits », ses frères et sœurs « dévastés », et toute une communauté en deuil.

Ce que les parents peuvent faire dès aujourd’hui

Paul Haynes s’est promis de transformer ce drame en message d’alerte. « Si on avait été informés, on en aurait parlé autour de la table familiale, c’est certain, » dit-il. Il appelle tous les parents à ouvrir la conversation, simplement, sans dramatiser.

Father

Pas besoin d’un grand discours. Juste quelques mots, à table, un soir. Expliquer que certaines tendances qui circulent sur les réseaux peuvent être dangereuses, voire mortelles. Nommer le *chroming*. En parler avant que ce soit trop tard.

Parce qu’une conversation peut sauver une vie.