Retraite : dès le 1er juillet 2026, les Français de plus de 70 ans ne pourront plus bénéficier de cette aide financière après l’entrée en vigueur d’un nouveau décret

Publié le 24 juin 2026
Retraite : dès le 1er juillet 2026, les Français de plus de 70 ans ne pourront plus bénéficier de cette aide financière après l’entrée en vigueur d’un nouveau décret

À compter du 1er juillet 2026, une réforme de l’aide à domicile modifie les conditions d’accès à une exonération de cotisations dont bénéficiaient de nombreux retraités. Un changement discret qui pourrait alourdir les dépenses de milliers de ménages.

Un changement réglementaire peut parfois passer totalement inaperçu. Pourtant, à partir du 1er juillet 2026, une mesure concernant l’aide à domicile risque d’avoir des conséquences très concrètes pour des milliers de retraités. Derrière cette réforme se cache la modification d’un avantage financier dont bénéficiaient jusqu’ici automatiquement les personnes âgées de plus de 70 ans. Quels sont les changements prévus ? Qui sera concerné ? Et quel impact faut-il réellement anticiper sur le budget des ménages ? Voici ce qu’il faut retenir.

Une réforme de l’aide à domicile qui entre en vigueur en juillet 2026

À partir du 1er juillet 2026, les conditions d’accès à une exonération de cotisations liée à l’emploi d’une aide à domicile évoluent. Jusqu’à présent, les particuliers employeurs âgés de 70 ans ou plus pouvaient bénéficier automatiquement de cet avantage, qui contribuait à réduire le coût des services à domicile.

Désormais, le seuil d’âge est relevé à 80 ans. Concrètement, les retraités âgés de 70 à 79 ans ne pourront plus profiter automatiquement de cette exonération. Selon les données de l’Urssaf, près de 350 000 foyers seraient concernés par cette évolution.

Pour de nombreux seniors, cette aide financière participait à l’équilibre du budget consacré à des prestations essentielles du quotidien, comme l’aide ménagère, l’assistance à domicile ou certains travaux d’entretien.

Pourquoi le coût des services à domicile va augmenter

Cette mesure s’inscrit dans un objectif de réduction des dépenses publiques. Selon la direction de la Sécurité sociale, la réforme devrait permettre d’économiser environ 100 millions d’euros.

Dans les faits, les particuliers employeurs devront désormais payer des cotisations dont ils étaient auparavant exonérés, dans la limite de 65 heures de travail par mois. Cette évolution entraîne mécaniquement une hausse du coût horaire des services à domicile.

Le décret publié le 8 avril 2026 précise que la condition d’âge passe de 70 à 80 ans pour ouvrir droit au dispositif d’exonération de cotisations patronales applicable à la rémunération des aides à domicile.

Initialement prévue pour le 1er janvier 2026, l’entrée en vigueur de cette réforme a finalement été reportée au 1er juillet 2026.

Des hausses qui peuvent peser sur le budget des retraités

Selon la Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem), le surcoût est estimé à environ 2,15 euros bruts par heure pour un salarié rémunéré au Smic. Pour des rémunérations plus élevées, il pourrait atteindre jusqu’à 3,18 euros supplémentaires par heure.

Pris individuellement, ces montants peuvent sembler modestes. Pourtant, lorsqu’ils sont appliqués sur plusieurs dizaines d’heures chaque mois, leur impact devient significatif.

Pour 20 heures d’aide à domicile par mois rémunérées au Smic, la hausse représente environ 43 euros mensuels, soit plus de 500 euros sur une année. Avec 50 heures mensuelles, le coût supplémentaire peut dépasser 1 200 euros par an avant prise en compte des avantages fiscaux.

Cette augmentation pourrait conduire certains ménages à revoir leur budget ou à réduire le recours à certains services pourtant utiles au maintien à domicile.

Quelles solutions pour limiter l’impact de la réforme ?

Des dispositifs permettant de réduire l’impact financier continuent néanmoins d’exister. Les dépenses liées aux services à la personne ouvrent toujours droit à un crédit d’impôt correspondant à 50 % des sommes engagées.

Grâce à cet avantage fiscal, le surcoût réel est réduit. Dans les exemples précédents, il serait ramené à environ 258 euros par an pour 20 heures mensuelles et à environ 645 euros pour 50 heures.

Par ailleurs, certaines exceptions demeurent. Les couples dont l’un des conjoints est âgé de plus de 80 ans peuvent continuer à bénéficier de l’exonération, sous réserve de fournir les justificatifs nécessaires. D’autres retraités de moins de 80 ans peuvent également conserver cet avantage s’ils bénéficient de dispositifs spécifiques liés à la perte d’autonomie ou à certaines situations reconnues par les organismes compétents.

Pour les personnes concernées, cette réforme impose désormais d’anticiper davantage les dépenses liées à l’aide à domicile afin de préserver leur qualité de vie au quotidien.