Après le drame de Lyhanna, un père de famille témoigne de sa lutte quotidienne pour résister à son attirance envers les enfants

L’affaire Lyhanna ravive le débat sur la prévention, alors que des associations reçoivent des appels de personnes en détresse, dont un père de famille livrant un témoignage rare et bouleversant.
L’affaire Lyhanna continue de bouleverser l’opinion publique. Alors que l’enquête judiciaire se poursuit, un autre sujet, plus discret mais tout aussi sensible, revient au cœur des débats : la prévention. Derrière les faits qui choquent et les émotions qu’ils suscitent, certaines associations reçoivent des appels de personnes en détresse qui cherchent de l’aide avant qu’un drame ne survienne. Parmi elles, un père de famille a accepté de confier son combat quotidien dans un témoignage aussi rare qu’interpellant.
L’affaire Lyhanna relance une réflexion sur la prévention

Depuis la disparition de la jeune Lyhanna, âgée de 11 ans, puis la découverte de son corps quelques jours plus tard, l’émotion est immense en France. Cette affaire, qui secoue la justice et soulève de nombreuses interrogations, a également remis en lumière le travail mené par certaines associations spécialisées dans la prévention des violences sexuelles.
C’est dans ce contexte que Marie France a sollicité Latifa Bennari, présidente de l’association L’Ange Bleu. Cette structure accompagne les victimes dans leur reconstruction, mais intervient aussi auprès de personnes confrontées à des attirances envers les mineurs afin de les aider à ne jamais passer à l’acte.
Pour la responsable associative, la prévention reste un levier essentiel. Plus les personnes concernées sont orientées vers une aide adaptée, plus il est possible de réduire les risques et d’encourager une prise en charge responsable.
Le témoignage d’un père de famille qui cherche des réponses

Parmi les nombreux courriers reçus par l’association figure celui d’un homme qui se présente comme un « pédophile abstinent ». Dans son message, il décrit une souffrance qu’il dit porter depuis plusieurs années et qui affecte aujourd’hui une partie de sa vie personnelle.
Il explique notamment que ces pensées occupent une place importante dans son quotidien, au point d’avoir des répercussions sur sa relation de couple. Selon lui, cette situation a progressivement créé une distance avec son épouse, qui ignore tout de ce qu’il traverse intérieurement.
L’homme confie également se sentir particulièrement isolé. Incapable d’aborder ce sujet avec ses proches, il affirme ne pas savoir vers qui se tourner. Son courrier prend la forme d’un appel à l’aide. Il cherche à comprendre s’il existe des solutions, un accompagnement ou des méthodes susceptibles de l’aider à mieux gérer cette situation.
Son témoignage met en lumière une réalité souvent méconnue : certaines personnes concernées souhaitent obtenir un soutien précisément pour éviter tout passage à l’acte et vivre de manière responsable.
Une souffrance souvent vécue dans le silence
Selon Latifa Bennari, ce type de témoignage est loin d’être exceptionnel. L’association reçoit régulièrement des appels et des messages de personnes qui expriment leur mal-être, leur peur d’être rejetées ou leur difficulté à parler de leurs pensées.
L’actualité récente a même renforcé ce phénomène. Après l’affaire Lyhanna, de nombreuses personnes ont contacté l’association pour évoquer leur détresse face aux réactions très dures entendues dans l’espace public.
Pour la présidente de L’Ange Bleu, il est important de rappeler que toutes les situations ne se ressemblent pas. Elle souligne notamment la nécessité de distinguer les personnes qui éprouvent des attirances envers les mineurs de celles qui commettent des infractions contre des enfants.
Cette nuance, souvent mal comprise, constitue pourtant un élément central du travail de prévention mené par les professionnels du secteur.
Des dispositifs pour encourager la demande d’aide
Face à ces situations, plusieurs dispositifs existent en France. Leur objectif est de permettre aux personnes concernées de trouver une écoute, des informations et une orientation vers des professionnels qualifiés.
Parmi eux figure le numéro national STOP, mis en place en 2020 par le ministère de la Santé. Ce service gratuit s’adresse aux personnes qui souhaitent être accompagnées face à des attirances sexuelles envers les mineurs ou à des préoccupations liées à ce sujet.
Pour les associations comme pour les spécialistes, le message est clair : effectuer une demande d’aide le plus tôt possible reste l’une des démarches les plus importantes pour prévenir les passages à l’acte et renforcer la protection des enfants.
Parce que la prévention commence souvent par une parole libérée, chaque demande d’aide peut constituer un premier pas décisif.









