« Je n’y arrive pas » : ces trois phrases anodines que votre enfant répète pourraient cacher un TDAH, selon une neuropsychologue

Publié le 6 juin 2026

« Je n’arrive pas à commencer », « Je remets tout à plus tard », « Je me sens coincé »… Ces confidences, souvent murmurées sur le ton de la lassitude, ne sont pas toujours le signe d’une simple baisse de régime. Et si elles révélaient un trouble bien plus profond qu’un manque de volonté passager ?

D’après la neuropsychologue Laura Geati, ces trois formulations reviennent de manière récurrente chez les enfants – et les adultes – qui vivent avec un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, plus couramment désigné sous l’acronyme TDAH.

« Je n’y arrive pas » : ces trois phrases anodines que votre enfant répète pourraient cacher un TDAH, selon une neuropsychologue

Le TDAH, un trouble souvent mal interprété

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui touche autant les plus jeunes que les adultes. Ses symptômes incluent des problèmes de concentration, une impulsivité difficile à contrôler, une gestion du temps complexe et une sensation permanente d’être submergé par les tâches. Contrairement aux stéréotypes, il ne s’agit ni d’un simple manque de motivation, ni d’un excès d’énergie, et encore moins de paresse. Ce trouble est en réalité lié à un déséquilibre chimique au sein du cerveau, impliquant notamment la dopamine et la noradrénaline – deux neurotransmetteurs clés pour la motivation et la hiérarchisation des priorités.

« Je n’y arrive pas » : ces trois phrases anodines que votre enfant répète pourraient cacher un TDAH, selon une neuropsychologue

Ces trois phrases qui doivent alerter les parents

La spécialiste insiste sur le fait que ces trois déclarations méritent une attention particulière :

« J’ai du mal à me mettre en route »
« Je ressens un blocage quand je dois m’y mettre »
« Je sais que j’ai plein de choses à faire, mais je n’y arrive pas »

Elles traduisent une réelle difficulté à initier une action, à structurer ses pensées ou à mener une activité jusqu’à son terme. Lorsqu’elles sont prononcées de façon répétée, elles peuvent indiquer un mode de fonctionnement cognitif spécifique – une caractéristique fréquente du TDAH.

« Je n’y arrive pas » : ces trois phrases anodines que votre enfant répète pourraient cacher un TDAH, selon une neuropsychologue

Ce qui se passe réellement dans leur cerveau

Imaginez une liste interminable de tâches à accomplir… sans la moindre capacité à les trier, à les prioriser ou à choisir par où commencer. Voilà le quotidien des personnes atteintes de TDAH. Résultat : elles reportent les choses non par paresse, mais parce qu’elles sont dans l’incapacité d’amorcer l’action. Elles se sentent submergées avant même d’avoir posé le premier geste. Cette situation génère un cercle vicieux : frustration, sentiment de culpabilité, épuisement mental, et parfois une perte d’estime de soi.

Ne pas confondre avec une simple période difficile

Bien entendu, il arrive à tout le monde de procrastiner de temps en temps. Pris isolément, ces signaux ne suffisent pas à établir un diagnostic. Un épisode de stress, un changement de routine ou une baisse de moral passagère peuvent également provoquer ce genre de comportements. C’est pourquoi, en cas de doute, il est essentiel de consulter un professionnel de santé. Lui seul pourra poser un diagnostic fiable et proposer un accompagnement sur mesure.

Pourquoi une détection précoce change tout

Repérer un TDAH dès les premiers indices, c’est offrir à votre enfant la possibilité de mieux se comprendre. Il ne s’agit pas de lui coller une étiquette, mais de lui fournir les outils adaptés pour s’épanouir, que ce soit à l’école, à la maison, ou plus tard dans sa vie d’adulte. Surtout, cela permet de restaurer une image positive de lui-même. Car non, votre enfant n’est ni paresseux, ni désorganisé. Il fonctionne simplement selon un mode différent. Parfois, derrière une phrase anodine se cache un véritable appel silencieux. Restons à l’écoute.