Pourquoi tant de personnes sont victimes d’AVC dans la vingtaine, la trentaine et la quarantaine : « Nous n’avons jamais eu de patients aussi jeunes »

Les AVC touchent désormais aussi les jeunes adultes, avec une hausse préoccupante observée chez les 18–44 ans. Les médecins s’interrogent sur les causes de cette évolution encore mal expliquée.
Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ne concernent plus uniquement les personnes âgées. Depuis quelques années, les médecins observent une augmentation inquiétante des cas chez les jeunes adultes, notamment dans la vingtaine, la trentaine et la quarantaine. Une tendance qui interpelle fortement les spécialistes, qui peinent encore à en expliquer toutes les causes.
Une hausse de 14,6 % chez les 18–44 ans

Un rapport des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a mis en évidence une augmentation de 14,6 % des AVC chez les jeunes adultes entre 2020 et 2022.
Face à cette évolution, les professionnels de santé s’inquiètent. Certains neurologues expliquent qu’ils n’avaient jamais vu autant de patients aussi jeunes. « Nous n’avons jamais eu de patients aussi jeunes », confie notamment le Dr Mohammad Anadani, spécialiste en neuroendovasculaire, qui souligne un changement net dans sa pratique.
Des AVC souvent d’origine embolique

Selon les observations médicales, les AVC chez les jeunes adultes sont souvent de type embolique. Cela signifie qu’un caillot sanguin se forme ailleurs dans le corps avant de remonter jusqu’au cerveau, plutôt que de se former directement dans les vaisseaux cérébraux.
Dans plusieurs cas évoqués par les spécialistes, les patients étaient pourtant considérés comme en bonne santé selon les critères habituels, ce qui rend ces événements encore plus surprenants.
Des facteurs médicaux déjà connus mais parfois silencieux

Pour expliquer cette hausse, les médecins avancent plusieurs hypothèses. Parmi les facteurs de risque traditionnels figurent :
- l’hypertension
- le diabète
- l’hypercholestérolémie
- l’obésité
Ces pathologies, de plus en plus fréquentes chez les jeunes adultes, pourraient contribuer à cette augmentation des facteurs de risque cardiovasculaires.
Les spécialistes rappellent également que certains facteurs cardiaques, parfois non détectés, peuvent jouer un rôle dans la survenue d’un AVC.
Mode de vie et stress en cause possible

Les médecins évoquent aussi des facteurs liés au mode de vie moderne. Le stress, les longues heures de travail et la sédentarité sont régulièrement cités comme éléments contributifs possibles.
Dans certains cas, des habitudes comme une consommation importante de caféine ont également été observées chez des patients jeunes ayant fait un AVC, sans qu’un lien direct systématique ne soit établi.
Boissons énergisantes et médicaments stimulants
Les boissons énergisantes font partie des pistes étudiées. Certaines études ont montré qu’elles peuvent augmenter le risque d’hypertension ou de troubles du rythme cardiaque, comme la fibrillation auriculaire, qui sont eux-mêmes des facteurs de risque d’AVC.
Le Dr Evan Levine, cardiologue, a également évoqué le rôle possible de certains médicaments stimulants comme l’Adderall, souvent plus accessibles via la télémédecine.
Selon lui, les jeunes adultes en bonne santé prenant ces médicaments pourraient présenter un risque cardiovasculaire plus élevé que ceux qui n’en consomment pas, même si les études restent partagées sur le sujet.
Des causes encore mal comprises
Malgré ces pistes, les spécialistes insistent : l’augmentation globale des AVC chez les jeunes adultes reste encore mal expliquée.
Comme le souligne le Dr Anadani, plusieurs facteurs pourraient intervenir simultanément, mais leur contribution exacte n’est pas encore clairement établie.
Une tendance qui change la perception de l’AVC
Cette hausse modifie la perception des AVC, longtemps considérés comme une maladie du grand âge. Aujourd’hui, les médecins doivent aussi envisager ce diagnostic chez des patients de 20 à 40 ans, même en l’absence de facteurs de risque évidents.
Une évolution qui pousse la recherche à s’intensifier pour mieux comprendre et prévenir ces cas de plus en plus fréquents chez les jeunes adultes.









