Covid-19 et cancer du poumon : une découverte sur la protéine Spike suscite l’inquiétude de chercheurs américains

Depuis la pandémie de Covid-19, les chercheurs étudient les effets possibles à long terme du SARS-CoV-2 sur la santé pulmonaire. Parmi les pistes explorées figure un sujet particulièrement sensible : un éventuel lien avec le cancer du poumon.
Des effets à long terme de certains virus, invisibles et complexes, continuent d’être étudiés par la communauté scientifique. Depuis la pandémie de Covid-19, plusieurs équipes internationales se penchent sur l’impact possible du SARS-CoV-2 sur la santé pulmonaire à long terme, notamment autour d’un sujet sensible : le cancer du poumon.
Des résultats issus de grandes bases de données

Des travaux menés aux États-Unis et en Israël ont analysé des dossiers médicaux de centaines de milliers de patients afin d’observer d’éventuelles associations entre infection au Covid-19 et apparition de cancers pulmonaires.
Dans certaines cohortes, les chercheurs constatent une légère hausse relative du risque de cancer du poumon, notamment chez les personnes ayant présenté des formes sévères de la maladie.
Ils précisent toutefois que ces observations ne démontrent pas un lien direct de cause à effet. Il s’agit plutôt d’une corrélation statistique, nécessitant des analyses complémentaires pour isoler les facteurs de confusion comme l’âge, le tabagisme ou les antécédents médicaux, susceptibles d’influencer les résultats.
Une protéine virale au centre des recherches
Les scientifiques s’intéressent particulièrement à la protéine Spike du virus, suspectée de jouer un rôle indirect dans l’inflammation pulmonaire et certains mécanismes biologiques liés à la réparation des tissus.
Des études expérimentales évoquent l’activation de voies inflammatoires comme TYMP ou STAT3, impliquées dans la fibrose et des processus pouvant, à long terme, fragiliser le tissu pulmonaire.
Un sur-risque jugé modeste mais à surveiller
Dans une grande base de données internationale, plus de 160 000 personnes ayant eu le Covid-19 ont été comparées à des sujets non infectés.
Les résultats montrent une augmentation relative du risque de cancer du poumon, mais l’augmentation en valeur absolue reste faible à l’échelle individuelle.
Les chercheurs soulignent que les écarts observés restent minimes pour la majorité des personnes, en particulier les non-fumeurs.
Qui doit rester le plus vigilant ?
Les données convergent vers une observation principale : les personnes ayant présenté des formes sévères de Covid-19 semblent davantage concernées par ce sur-risque potentiel.
Les fumeurs et ex-fumeurs constituent également un groupe plus exposé, en raison d’une fragilité pulmonaire préexistante.
À l’inverse, chez les personnes sans facteur de risque particulier et ayant eu une forme légère, aucune augmentation claire n’a été mise en évidence à ce stade.
Ce que ces travaux changent dans la compréhension
Pour les chercheurs, ces résultats ne signifient pas que le Covid-19 provoque directement un cancer, mais qu’il pourrait agir comme un facteur aggravant sur un terrain déjà fragilisé.
L’hypothèse évoquée repose notamment sur l’inflammation persistante, la fibrose pulmonaire et certaines cascades biologiques observées après infection.
Vers une vigilance à long terme
Les spécialistes estiment que ces résultats doivent surtout encourager une surveillance médicale adaptée chez les personnes à risque, sans générer d’inquiétude excessive.
Les suivis post-infection pourraient aider à mieux comprendre les effets à long terme du virus sur les poumons.
Un message de prévention plutôt qu’une alerte
Les chercheurs insistent sur la prudence dans l’interprétation des résultats, rappelant que les données actuelles ne permettent pas d’établir un lien de causalité direct dans tous les cas.
Il s’agit davantage d’un signal scientifique nécessitant des recherches complémentaires et un suivi à long terme.
Ce qu’il faut retenir
À ce stade, les études disponibles suggèrent une association modeste entre Covid-19 et augmentation du risque de cancer du poumon dans certains profils spécifiques, notamment après des formes sévères.
Ce risque reste faible en valeur absolue et concerne surtout des personnes déjà fragilisées par d’autres facteurs comme le tabagisme.
Les données continuent d’être analysées afin de mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués et d’affiner les stratégies de prévention à long terme.
En attendant, les experts recommandent une approche équilibrée, sans interprétation excessive, tout en poursuivant les recherches sur les effets post-infection.
Dans ce contexte, les autorités sanitaires rappellent que les conclusions actuelles reposent sur des données encore évolutives et doivent être confirmées par des études supplémentaires à plus grande échelle internationale.
Les scientifiques poursuivent leurs travaux afin de mieux comprendre les liens entre inflammation, réparation des tissus et maladies chroniques, dans une démarche de santé publique orientée vers la prévention et le suivi à long terme des patients.









